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VOUS N'ÊTES PAS SEUL·E RESSOURCES ET NUMÉROS D'ÉCOUTE · FRANCE

Ce qui vous arrive est réel.

Voir son visage, sa voix, son corps être utilisés sans son consentement est une violence. Vous avez le droit d'être bouleversé·e, en colère, épuisé·e, sidéré·e. Ce n'est pas votre faute. Vous n'êtes pas responsable de ce qu'un tiers a fait de votre image.

Cette page rassemble des numéros d'écoute, des associations et des plateformes officielles qui peuvent vous accompagner en France. Vous pouvez y aller à votre rythme, revenir plus tard, ou envoyer ce lien à un·e proche qui vous soutient.

Si vous voulez parler à quelqu'un maintenant
  • 3018 — écoute pour les violences numériques, gratuit, 9h-23h, 7j/7. Chat sur 3018.fr. Vous pouvez appeler simplement pour parler, sans savoir ce que vous voulez faire.
  • 3919 — écoute violences faites aux femmes, 24h/24, anonyme et gratuit.
  • 3114 — si vous avez des pensées noires ou suicidaires. 24h/24, gratuit, confidentiel. Les personnes au bout du fil sont formées et présentes pour ça.
  • 17 ou 112 — en cas de danger physique immédiat (menaces avec passage à l'acte).

1 Prenez soin de vous d'abord

Vous n'êtes pas obligé·e de tout faire tout de suite. Il n'y a pas de bonne façon de réagir. Certaines personnes veulent agir immédiatement, d'autres ont besoin de dormir, de pleurer, de couper les réseaux quelques jours. Les deux sont valides.

Si vous le pouvez, parlez-en à une personne de confiance. Vous n'avez pas à porter ça seul·e. Cette personne peut aussi être celle qui appelle un numéro d'écoute à votre place, ou qui vous accompagne dans les démarches plus tard.

2 Sauvegarder ce qui existe — avant qu'il disparaisse

Votre premier réflexe sera peut-être de vouloir tout faire disparaître, tout de suite. C'est humain. Mais si le contenu est supprimé sans avoir été sauvegardé, il peut être plus difficile pour les enquêteurs ou la justice de remonter jusqu'à l'auteur. Prendre quelques minutes pour garder des traces peut faire une vraie différence par la suite.

Vous n'êtes pas obligé·e de faire ça vous-même. Une personne de confiance ou une association (voir plus bas) peut le faire à votre place.

Si quelqu'un vous fait chanter avec ce deepfake : ne payez pas, ne répondez plus. Appelez le 3018 ou signalez sur Pharos (voir §3) — les enquêteurs voient ce type de situation régulièrement et sauront vous orienter, même en pleine nuit.

3 Faire retirer et faire signaler

Demander le retrait aux plateformes

Chaque grande plateforme a une procédure pour signaler du contenu vous concernant sans votre consentement. Les liens ci-dessous vous emmènent directement au bon formulaire :

Signaler aux services officiels français

4 Se faire accompagner par des professionnels

Cette page n'est pas un conseil juridique et je ne suis pas juriste. Mais depuis 2024, la loi française reconnaît explicitement les deepfakes non consentis comme un délit spécifique. Les professionnels ci-dessous connaissent le cadre exact et pourront vous dire ce qui s'applique à votre situation.

5 Soutien psychologique

Ce que vous ressentez — colère, honte injuste, angoisse, épuisement, envie de disparaître — sont des réactions humaines normales face à une agression réelle. Elles peuvent durer, revenir par vagues, empirer si vous restez seul·e avec. En parler à un·e professionnel·le n'est pas « dramatiser » — c'est prendre soin de vous.

À quoi s'attendre — la suite

L'inconnu est angoissant. Voici les étapes typiques, à titre indicatif — chaque cas est unique.

  1. Maintenant
    Découverte du contenu
    Choc, sidération, envie d'agir ou de se replier. Les deux sont normaux.
  2. 10–15 min
    Captures et sauvegarde
    Screenshots, URLs, dates. Ou demander à un·e proche de le faire.
  3. 30 min
    Signalement plateforme
    Formulaire de la plateforme + StopNCII pour les copies futures.
  4. 1 h
    Premier contact d'écoute
    3018, 3919, 116 006. Vous pouvez appeler simplement pour parler.
  5. 24–72 h
    Retrait du contenu par les plateformes
    Meta, TikTok, X ont l'obligation légale de retirer « dans les meilleurs délais » (Digital Services Act, UE). C'est le résultat direct de vos signalements de l'étape 3 — vous n'avez rien à faire de plus pour ça.
  6. Quand vous êtes prêt·e
    Dépôt de plainte
    Vos preuves sont déjà sauvegardées (étape 2). Rien ne vous oblige à agir dans l'urgence. Beaucoup de personnes attendent d'avoir dormi, d'avoir parlé à quelqu'un, d'avoir pris rendez-vous avec un·e avocat·e. Faites-le dans les jours ou semaines qui suivent, à votre rythme et accompagné·e.
  7. Semaines à mois
    Enquête et procédure
    Un·e enquêteur·rice de la brigade cybercriminalité contactera les plateformes. Les affaires simples peuvent aboutir en quelques mois.

? Questions fréquentes

Puis-je porter plainte sans dévoiler mon identité publiquement ?

Votre identité figure dans le dossier judiciaire mais elle n'est pas rendue publique. Les procès à huis clos et l'anonymat dans la presse peuvent être demandés pour les affaires touchant à l'intime. Le 3018 ou un·e avocat·e peuvent vous expliquer les protections disponibles selon votre cas.

La police va-t-elle regarder le contenu devant moi ?

Non, sauf si c'est strictement nécessaire à l'enquête et avec votre accord préalable. Vous pouvez fournir les preuves sur clé USB, remettre les URLs, ou passer par un·e intermédiaire (avocat·e, association). Vous n'êtes pas obligé·e de revoir le contenu.

Combien de temps pour un retrait après signalement plateforme ?

Le règlement européen DSA impose aux grandes plateformes un retrait « dans les meilleurs délais ». En pratique : quelques heures à 72 h pour les contenus manifestement illicites (intimes non consentis, mineurs). Les copies re-postées peuvent être bloquées automatiquement via StopNCII.

Peut-on poursuivre quelqu'un à l'étranger ?

Oui, mais c'est plus complexe. Le parquet peut engager une procédure via des accords d'entraide judiciaire (Convention de Budapest sur la cybercriminalité). Le retrait plateforme reste possible même si l'auteur est à l'étranger — les plateformes sont soumises au DSA en Europe.

Ma plainte va-t-elle rester dans mon casier judiciaire ?

Non. Un dépôt de plainte concerne le casier judiciaire de l'auteur des faits, pas le vôtre. Vous êtes la partie plaignante. Aucune trace ne figure à votre nom du fait d'avoir porté plainte.

Combien ça coûte ?

Le dépôt de plainte est gratuit. Les associations d'aide (StopFisha, France Victimes, e-Enfance) sont gratuites. Pour l'avocat·e : consultations gratuites via Points-Justice ou France Services, aide juridictionnelle selon vos revenus, assurance protection juridique de votre habitation ou banque à vérifier.

Un·e proche est victime — comment aider

Vous êtes ami·e, famille, collègue, partenaire d'une victime ? Votre présence compte plus que vous ne pensez. Voici quelques repères.

Ce qui aide

  • Croire ce qu'iel vous dit, sans demander de « preuve ».
  • Écouter sans conseiller, respecter son rythme même s'iel ne veut rien faire tout de suite.
  • Proposer concrètement : faire les captures d'écran, appeler une helpline pour se renseigner, l'accompagner au commissariat.
  • Rappeler régulièrement : « je suis là, tu peux m'écrire à n'importe quelle heure ».
  • Se renseigner de son côté (cette page, 3018) pour ne pas lui faire porter la charge d'expliquer.

Ce qui blesse

  • « Pourquoi tu as mis cette photo ? » — la responsabilité est chez l'auteur, jamais la victime.
  • Regarder ou partager le contenu, même « pour comprendre ».
  • Minimiser (« c'est juste une image ») ou dramatiser à outrance.
  • Prendre des décisions à sa place (porter plainte pour lui/elle, contacter l'auteur…).
  • Insister pour « tourner la page » plus vite que ce qu'iel peut.

Si votre proche est mineur·e, contactez le 3018 / e-Enfance — spécialement formés pour les jeunes victimes.

Situations spécifiques

Arnaque financière (faux PDG, visio deepfake, sextorsion à but financier)

Deepfakes utilisés pour extorquer de l'argent : fausse visio avec un·e proche demandant un virement urgent, voix d'un·e patron·ne clonée réclamant une opération financière, chantage avec deepfake intime contre paiement.

  • Rappelez la personne sur son numéro connu avant tout paiement — les visios en temps réel deepfakées existent, elles ne remplacent pas une vérification indépendante.
  • Signalement à Percevalservice dédié aux fraudes à la carte bancaire.
  • Info Escroqueries0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi 9h-18h30).
  • Signalement à votre banque immédiatement + dépôt de plainte au commissariat.
  • Pour une entreprise ciblée : la DGCCRF et l'ANSSI/Cybermalveillance.gouv.fr.
Désinformation politique (personnalité publique deepfakée)

Si vous êtes une personnalité publique visée par un deepfake diffamatoire ou manipulateur.

  • Contactez immédiatement l'ARCOMarcom.fr. Autorité qui régule la lutte contre la manipulation de l'information (loi 2018).
  • Communiqué public rapide de démenti + fact-checking auprès des rédactions : AFP Factuel, Vrai ou Fake.
  • Signalement Pharos + dépôt de plainte pour diffamation.
  • Contacter l'ANSSI si le deepfake vise une institution : ssi.gouv.fr.
Vous êtes mineur·e (ou victime mineure)

Les lois sont plus protectrices et les délais de retrait plus courts. Vous n'êtes pas seul·e et ce n'est pas votre faute.

  • 3018 / e-Enfancee-enfance.org. Ligne spécialisée pour les mineur·es, aide au retrait accéléré + accompagnement.
  • Take It Downtakeitdown.ncmec.org. Génère une empreinte sur votre appareil, bloque les copies sur les grandes plateformes.
  • Vous pouvez en parler à un·e adulte de confiance (parent, prof, infirmier·e scolaire, éducateur·rice). Iel n'a pas le droit de vous juger.
  • Si l'auteur est aussi mineur·e, sa responsabilité pénale est engagée (à partir de 13 ans en France). Ce n'est pas à vous de le/la protéger.

Modèle de mail de signalement

Générez un mail formaté à envoyer à la plateforme ou à un·e responsable de contenu. Rien n'est envoyé automatiquement — vous copiez ou ouvrez dans votre messagerie.

🖶 Emporter au commissariat

Une checklist 1 page à imprimer, avec les infos à préparer avant le dépôt de plainte.

6 Se protéger pour la suite

Quand la première vague sera passée, quelques gestes peuvent réduire le risque que ça se reproduise. À votre rythme, seulement si vous en avez l'énergie.

Après l'urgence — reconstruction et suivi

Quand l'immédiat s'apaise, quelque chose de plus long commence. Ce n'est pas linéaire — il y a des jours meilleurs, des jours plus durs, des vagues. Voici quelques repères, à prendre à votre rythme, sans obligation.

Suivi psychologique dans la durée

Les 12 séances de « Mon soutien psy » (voir §5) sont un bon point de départ, mais pour un travail plus profond, d'autres approches sont disponibles :

Groupes de parole et associations

Être avec d'autres qui ont vécu la même chose peut casser l'isolement. Rien ne vous oblige à parler — juste écouter est parfois suffisant les premières fois.

Vigilance en ligne dans la durée

Reconstruction sociale et professionnelle

Certaines situations laissent des traces professionnelles (recherche d'emploi, entretiens…). Vous n'êtes pas obligé·e d'en parler.

Plus tard — aider d'autres personnes (si vous le souhaitez)

Il n'y a aucune obligation. Mais certaines personnes trouvent du sens plus tard à mettre leur expérience au service d'autres, à leur rythme.

Il n'y a pas de calendrier pour « aller mieux ». Certaines personnes retrouvent un équilibre en quelques mois, d'autres en quelques années. Les deux sont normaux. Vous avez le droit d'aller à votre rythme.

? Pour aller plus loin — sources officielles

Note importante : je ne suis ni juriste, ni psychologue, ni membre d'une association d'aide aux victimes. Cette page est une orientation vers les bons interlocuteurs ; elle ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le. Pour votre situation spécifique, appelez le 3018, le 116 006, ou consultez un·e avocat·e. Ces personnes sont formées et présentes exactement pour ça.