♡ Ce qui vous arrive est réel.
Voir son visage, sa voix, son corps être utilisés sans son consentement est une violence. Vous avez le droit d'être bouleversé·e, en colère, épuisé·e, sidéré·e. Ce n'est pas votre faute. Vous n'êtes pas responsable de ce qu'un tiers a fait de votre image.
Cette page rassemble des numéros d'écoute, des associations et des plateformes officielles qui peuvent vous accompagner en France. Vous pouvez y aller à votre rythme, revenir plus tard, ou envoyer ce lien à un·e proche qui vous soutient.
- 3018 — écoute pour les violences numériques, gratuit, 9h-23h, 7j/7. Chat sur 3018.fr. Vous pouvez appeler simplement pour parler, sans savoir ce que vous voulez faire.
- 3919 — écoute violences faites aux femmes, 24h/24, anonyme et gratuit.
- 3114 — si vous avez des pensées noires ou suicidaires. 24h/24, gratuit, confidentiel. Les personnes au bout du fil sont formées et présentes pour ça.
- 17 ou 112 — en cas de danger physique immédiat (menaces avec passage à l'acte).
1 Prenez soin de vous d'abord
Vous n'êtes pas obligé·e de tout faire tout de suite. Il n'y a pas de bonne façon de réagir. Certaines personnes veulent agir immédiatement, d'autres ont besoin de dormir, de pleurer, de couper les réseaux quelques jours. Les deux sont valides.
Si vous le pouvez, parlez-en à une personne de confiance. Vous n'avez pas à porter ça seul·e. Cette personne peut aussi être celle qui appelle un numéro d'écoute à votre place, ou qui vous accompagne dans les démarches plus tard.
- Coupez temporairement les notifications des réseaux sociaux si voir passer ce contenu vous submerge.
- Éloignez-vous du fil de commentaires — même bienveillants, ils peuvent épuiser.
- Buvez de l'eau, mangez quelque chose. La sidération coupe ces réflexes.
- Notez ce que vous ressentez si ça vous aide, ou pas. Vous n'êtes pas obligé·e.
2 Sauvegarder ce qui existe — avant qu'il disparaisse
Votre premier réflexe sera peut-être de vouloir tout faire disparaître, tout de suite. C'est humain. Mais si le contenu est supprimé sans avoir été sauvegardé, il peut être plus difficile pour les enquêteurs ou la justice de remonter jusqu'à l'auteur. Prendre quelques minutes pour garder des traces peut faire une vraie différence par la suite.
Vous n'êtes pas obligé·e de faire ça vous-même. Une personne de confiance ou une association (voir plus bas) peut le faire à votre place.
- Captures d'écran qui montrent l'URL complète, la date, le compte publiant et — si c'est visible — le nombre de vues et de partages.
- Enregistrez le fichier (image, vidéo, audio) sur votre ordinateur ou téléphone.
- Ne PAS archiver le contenu litigieux sur Wayback Machine, archive.today ou tout service d'archivage public — vous en perdriez le contrôle définitivement (ces archives sont quasi impossibles à faire retirer et le lien peut circuler à son tour). Vos captures locales + le fichier téléchargé suffisent — c'est ce que la police et la justice attendent en pratique, rien de plus n'est nécessaire pour ouvrir un dossier.
- L'archivage web peut être utile pour les éléments périphériques (menaces, tweets diffamatoires, page du compte de l'auteur, articles) — ces éléments-là ne divulguent rien de vous et l'archive permet de les préserver si l'auteur les efface.
- Notez la date et l'heure où vous avez découvert le contenu, et comment (message d'un·e ami·e, notification, recherche…).
Si quelqu'un vous fait chanter avec ce deepfake : ne payez pas, ne répondez plus. Appelez le 3018 ou signalez sur Pharos (voir §3) — les enquêteurs voient ce type de situation régulièrement et sauront vous orienter, même en pleine nuit.
3 Faire retirer et faire signaler
Demander le retrait aux plateformes
Chaque grande plateforme a une procédure pour signaler du contenu vous concernant sans votre consentement. Les liens ci-dessous vous emmènent directement au bon formulaire :
- Meta (Facebook / Instagram) — page dédiée aux images intimes non consenties, avec les procédures de signalement et les partenariats plateforme.
- X (Twitter) — signalement de contenu manipulé ou intime non consenti.
- TikTok — signalement contenu synthétique ou manipulé.
- YouTube — signalement pour atteinte à la vie privée.
- StopNCII.org — service international gratuit. Vous générez une empreinte de votre image sur votre appareil (sans l'envoyer) et plusieurs grandes plateformes (Meta, TikTok, Reddit, Bumble…) bloquent automatiquement les copies.
- Take It Down — équivalent pour les mineur·es.
Signaler aux services officiels français
- Pharos — internet-signalement.gouv.fr. C'est la plateforme officielle du ministère de l'Intérieur. Vos signalements sont traités par des enquêteurs spécialisés.
▸ Tuto Pharos — signaler en 6 étapes
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1Aller sur le site officielTapez
internet-signalement.gouv.frdans votre navigateur. Vérifiez l'URL — de faux sites imitent Pharos. Le vrai site affiche le sceau République Française et se termine par.gouv.fr. -
2Cliquer sur « Signaler »Bouton bleu en évidence sur la page d'accueil. Vous arrivez sur un formulaire.
-
3Choisir la catégorie du contenuPour un deepfake non consenti :
- Contenu à caractère sexuel vous représentant → « Atteintes aux personnes » → « Diffusion d'images à caractère sexuel sans consentement »
- Deepfake diffamatoire, menaces, harcèlement → « Atteintes aux personnes » → « Injures, menaces, harcèlement »
- Deepfake pour escroquerie (faux PDG, visio) → « Escroqueries et extorsions »
- Deepfake d'un·e mineur·e → « Contenus illicites visant des mineurs »
-
4Vos coordonnées — anonymat possibleVous pouvez signaler anonymement — c'est prévu par Pharos. Renseigner votre identité (nom, prénom, mail…) est optionnel. Les avantages de vous identifier :
- Les enquêteurs peuvent vous recontacter pour préciser un point.
- Utile si vous envisagez ensuite un dépôt de plainte — la référence Pharos + votre identité facilitent le croisement.
-
5Décrire le contenuCopiez-collez :
- L'URL exacte (l'adresse de la page où le contenu est visible)
- Le nom de la plateforme (Instagram, TikTok, Telegram…)
- Le compte qui a publié (pseudo/@identifiant)
- La date de découverte
- Une brève description factuelle (n'ayez pas peur des mots simples)
-
6Valider et conserver le numéroÀ la validation, Pharos affiche un numéro de dossier et vous envoie un accusé de réception par mail. Notez ce numéro — il sera demandé au commissariat lors de votre dépôt de plainte et permettra de croiser les procédures. Aucun retour ne vous est automatiquement donné après ça (Pharos ne communique pas les suites, sauf en cas de convocation).
En parallèle du signalement Pharos :
• Si vous êtes victime de chantage, appelez le 3018 (violences numériques, gratuit, 9h-23h). Le 3018 a des partenariats officiels avec Meta, TikTok, X, YouTube, Snap et d'autres qui permettent souvent un retrait dans l'heure.
• Si un·e mineur·e est concerné·e : 3018 également, ou 119 (Allô Enfance en Danger, 24h/24).
• Le 17 reste réservé au danger physique immédiat (menace de violence en cours, agresseur qui se déplace vers vous). -
- 3018 — vous accompagne aussi dans le signalement et a des partenariats avec les plateformes pour accélérer les retraits.
- Commissariat ou gendarmerie — vous pouvez vous rendre sur place, ou préparer votre venue avec la pré-plainte en ligne. Vous avez le droit d'être accompagné·e.
- CNIL — plainte en ligne concernant l'utilisation de vos données personnelles (dont votre visage ou votre voix).
4 Se faire accompagner par des professionnels
Cette page n'est pas un conseil juridique et je ne suis pas juriste. Mais depuis 2024, la loi française reconnaît explicitement les deepfakes non consentis comme un délit spécifique. Les professionnels ci-dessous connaissent le cadre exact et pourront vous dire ce qui s'applique à votre situation.
- France Victimes — 116 006 (gratuit) ou france-victimes.fr. 130 associations locales, accompagnement gratuit dans toute la France (orientation juridique, soutien psychologique, accompagnement aux démarches).
- StopFisha — stopfisha.org. Association spécialisée dans la lutte contre le cybersexisme, les deepfakes intimes et le revenge porn. Aide gratuite pour le signalement et l'accompagnement judiciaire.
- e-Enfance / 3018 — e-enfance.org. Protection des mineur·es et des jeunes adultes contre les violences numériques.
- Trouver un·e avocat·e — consultation.avocat.fr (annuaire officiel du Conseil National des Barreaux), filtrez sur « droit du numérique » ou « droit pénal ». Des consultations juridiques gratuites existent aussi près de chez vous — voir la rubrique Justice sur service-public.fr ou le service France Services le plus proche.
- Si vous avez une assurance juridique (souvent incluse dans les contrats multirisques habitation ou banque), elle peut prendre en charge les frais d'avocat. Ça vaut le coup de vérifier.
5 Soutien psychologique
Ce que vous ressentez — colère, honte injuste, angoisse, épuisement, envie de disparaître — sont des réactions humaines normales face à une agression réelle. Elles peuvent durer, revenir par vagues, empirer si vous restez seul·e avec. En parler à un·e professionnel·le n'est pas « dramatiser » — c'est prendre soin de vous.
- Mon soutien psy — monsoutienpsy.ameli.fr. Douze séances par an chez un·e psychologue conventionné·e, remboursées à 100% sans avance de frais.
- CMP (Centres médico-psychologiques) — consultations gratuites sur rendez-vous, dépendantes du secteur psychiatrique public. Informations sur Psycom ou annuaire.sante.fr pour trouver le CMP de votre secteur.
- SOS Amitié — 09 72 39 40 50, 24h/24. Écoute anonyme, sans jugement.
- France Victimes (116 006) inclut aussi un accompagnement psychologique.
→ À quoi s'attendre — la suite
L'inconnu est angoissant. Voici les étapes typiques, à titre indicatif — chaque cas est unique.
- MaintenantDécouverte du contenuChoc, sidération, envie d'agir ou de se replier. Les deux sont normaux.
- 10–15 minCaptures et sauvegardeScreenshots, URLs, dates. Ou demander à un·e proche de le faire.
- 30 minSignalement plateformeFormulaire de la plateforme + StopNCII pour les copies futures.
- 1 hPremier contact d'écoute3018, 3919, 116 006. Vous pouvez appeler simplement pour parler.
- 24–72 hRetrait du contenu par les plateformesMeta, TikTok, X ont l'obligation légale de retirer « dans les meilleurs délais » (Digital Services Act, UE). C'est le résultat direct de vos signalements de l'étape 3 — vous n'avez rien à faire de plus pour ça.
- Quand vous êtes prêt·eDépôt de plainteVos preuves sont déjà sauvegardées (étape 2). Rien ne vous oblige à agir dans l'urgence. Beaucoup de personnes attendent d'avoir dormi, d'avoir parlé à quelqu'un, d'avoir pris rendez-vous avec un·e avocat·e. Faites-le dans les jours ou semaines qui suivent, à votre rythme et accompagné·e.
- Semaines à moisEnquête et procédureUn·e enquêteur·rice de la brigade cybercriminalité contactera les plateformes. Les affaires simples peuvent aboutir en quelques mois.
? Questions fréquentes
Puis-je porter plainte sans dévoiler mon identité publiquement ?
Votre identité figure dans le dossier judiciaire mais elle n'est pas rendue publique. Les procès à huis clos et l'anonymat dans la presse peuvent être demandés pour les affaires touchant à l'intime. Le 3018 ou un·e avocat·e peuvent vous expliquer les protections disponibles selon votre cas.
La police va-t-elle regarder le contenu devant moi ?
Non, sauf si c'est strictement nécessaire à l'enquête et avec votre accord préalable. Vous pouvez fournir les preuves sur clé USB, remettre les URLs, ou passer par un·e intermédiaire (avocat·e, association). Vous n'êtes pas obligé·e de revoir le contenu.
Combien de temps pour un retrait après signalement plateforme ?
Le règlement européen DSA impose aux grandes plateformes un retrait « dans les meilleurs délais ». En pratique : quelques heures à 72 h pour les contenus manifestement illicites (intimes non consentis, mineurs). Les copies re-postées peuvent être bloquées automatiquement via StopNCII.
Peut-on poursuivre quelqu'un à l'étranger ?
Oui, mais c'est plus complexe. Le parquet peut engager une procédure via des accords d'entraide judiciaire (Convention de Budapest sur la cybercriminalité). Le retrait plateforme reste possible même si l'auteur est à l'étranger — les plateformes sont soumises au DSA en Europe.
Ma plainte va-t-elle rester dans mon casier judiciaire ?
Non. Un dépôt de plainte concerne le casier judiciaire de l'auteur des faits, pas le vôtre. Vous êtes la partie plaignante. Aucune trace ne figure à votre nom du fait d'avoir porté plainte.
Combien ça coûte ?
Le dépôt de plainte est gratuit. Les associations d'aide (StopFisha, France Victimes, e-Enfance) sont gratuites. Pour l'avocat·e : consultations gratuites via Points-Justice ou France Services, aide juridictionnelle selon vos revenus, assurance protection juridique de votre habitation ou banque à vérifier.
♥ Un·e proche est victime — comment aider
Vous êtes ami·e, famille, collègue, partenaire d'une victime ? Votre présence compte plus que vous ne pensez. Voici quelques repères.
Ce qui aide
- Croire ce qu'iel vous dit, sans demander de « preuve ».
- Écouter sans conseiller, respecter son rythme même s'iel ne veut rien faire tout de suite.
- Proposer concrètement : faire les captures d'écran, appeler une helpline pour se renseigner, l'accompagner au commissariat.
- Rappeler régulièrement : « je suis là, tu peux m'écrire à n'importe quelle heure ».
- Se renseigner de son côté (cette page, 3018) pour ne pas lui faire porter la charge d'expliquer.
Ce qui blesse
- « Pourquoi tu as mis cette photo ? » — la responsabilité est chez l'auteur, jamais la victime.
- Regarder ou partager le contenu, même « pour comprendre ».
- Minimiser (« c'est juste une image ») ou dramatiser à outrance.
- Prendre des décisions à sa place (porter plainte pour lui/elle, contacter l'auteur…).
- Insister pour « tourner la page » plus vite que ce qu'iel peut.
Si votre proche est mineur·e, contactez le 3018 / e-Enfance — spécialement formés pour les jeunes victimes.
◈ Situations spécifiques
Arnaque financière (faux PDG, visio deepfake, sextorsion à but financier)
Deepfakes utilisés pour extorquer de l'argent : fausse visio avec un·e proche demandant un virement urgent, voix d'un·e patron·ne clonée réclamant une opération financière, chantage avec deepfake intime contre paiement.
- Rappelez la personne sur son numéro connu avant tout paiement — les visios en temps réel deepfakées existent, elles ne remplacent pas une vérification indépendante.
- Signalement à Perceval — service dédié aux fraudes à la carte bancaire.
- Info Escroqueries — 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi 9h-18h30).
- Signalement à votre banque immédiatement + dépôt de plainte au commissariat.
- Pour une entreprise ciblée : la DGCCRF et l'ANSSI/Cybermalveillance.gouv.fr.
Désinformation politique (personnalité publique deepfakée)
Si vous êtes une personnalité publique visée par un deepfake diffamatoire ou manipulateur.
- Contactez immédiatement l'ARCOM — arcom.fr. Autorité qui régule la lutte contre la manipulation de l'information (loi 2018).
- Communiqué public rapide de démenti + fact-checking auprès des rédactions : AFP Factuel, Vrai ou Fake.
- Signalement Pharos + dépôt de plainte pour diffamation.
- Contacter l'ANSSI si le deepfake vise une institution : ssi.gouv.fr.
Vous êtes mineur·e (ou victime mineure)
Les lois sont plus protectrices et les délais de retrait plus courts. Vous n'êtes pas seul·e et ce n'est pas votre faute.
- 3018 / e-Enfance — e-enfance.org. Ligne spécialisée pour les mineur·es, aide au retrait accéléré + accompagnement.
- Take It Down — takeitdown.ncmec.org. Génère une empreinte sur votre appareil, bloque les copies sur les grandes plateformes.
- Vous pouvez en parler à un·e adulte de confiance (parent, prof, infirmier·e scolaire, éducateur·rice). Iel n'a pas le droit de vous juger.
- Si l'auteur est aussi mineur·e, sa responsabilité pénale est engagée (à partir de 13 ans en France). Ce n'est pas à vous de le/la protéger.
✉ Modèle de mail de signalement
Générez un mail formaté à envoyer à la plateforme ou à un·e responsable de contenu. Rien n'est envoyé automatiquement — vous copiez ou ouvrez dans votre messagerie.
🖶 Emporter au commissariat
Une checklist 1 page à imprimer, avec les infos à préparer avant le dépôt de plainte.
Dépôt de plainte — deepfake / contenu synthétique non consenti
Feuille de préparation à emporter au commissariat, à la gendarmerie ou pour la pré-plainte en ligne. Vous n'êtes pas obligé·e de la compléter entièrement — remplissez ce que vous savez.
1. Vos coordonnées
Nom, prénom : _______________________________________
Date de naissance : ___ / ___ / _____
Adresse : _______________________________________
Téléphone : ___________________ E-mail : ___________________
Personne qui m'accompagne : _______________________________________
2. Le contenu litigieux
Nature : ☐ image ☐ vidéo ☐ audio ☐ autre : ___________
Décrivez brièvement ce qu'il représente :
_____________________________________________________
_____________________________________________________
Date et heure de découverte : ___ / ___ / _____ à ___ h ___
Comment l'avez-vous découvert ? (message d'un tiers, notification, recherche personnelle…)
_____________________________________________________
Plateforme(s) où il est diffusé : _______________________________________
URL(s) du contenu :
_____________________________________________________
_____________________________________________________
_____________________________________________________
3. Auteur présumé (si identifié)
Nom / pseudo : _______________________________________
Compte(s) utilisé(s) : _______________________________________
Contexte / lien avec vous : ☐ inconnu ☐ ex-partenaire ☐ collègue ☐ camarade ☐ autre : ___________
4. Impact et urgence
Avez-vous reçu des menaces ou du chantage ? ☐ oui ☐ non
Si oui, précisez (date, canal, contenu de la demande) :
_____________________________________________________
Vues / partages estimés : _______________________________________
Personnes qui vous ont dit avoir vu le contenu : _______________________________________
5. Preuves emportées (cocher)
La plainte se base sur ces preuves — le contenu litigieux lui-même est la pièce centrale. Emportez-le, il ne sera vu que par les enquêteurs.
- ☐ Le fichier du contenu litigieux (image / vidéo / audio) sur clé USB ou disque externe — pièce essentielle du dossier
- ☐ Captures d'écran (avec URL, date et compte publiant visibles)
- ☐ Copies d'écran des messages reçus (menaces, chantage)
- ☐ Attestations écrites de personnes qui ont vu le contenu
- ☐ Archives publiques (Wayback / archive.today) des éléments périphériques uniquement — profil de l'auteur, tweets menaçants, articles. Pas de l'image / vidéo elle-même (elle est déjà sur votre clé USB, pas besoin de l'exposer publiquement).
- ☐ Autres : _______________________________________
6. Signalements déjà effectués
- ☐ Signalement à la plateforme (n° de référence : _______________)
- ☐ Pharos — internet-signalement.gouv.fr (n° référence : _______________)
- ☐ StopNCII.org / Take It Down (empreinte générée)
- ☐ 3018 / 3919 / 116 006 (nom de la personne : _______________)
- ☐ CNIL (référence : _______________)
- ☐ Autre : _______________________________________
7. Questions à poser aux enquêteurs
- ☐ Demander un accompagnement psychologique via France Victimes (116 006)
- ☐ Demander la retenue des images/vidéos par les plateformes
- ☐ Demander si une réquisition rapide aux plateformes est possible
- ☐ Demander à être tenu·e informé·e à chaque étape
- ☐ Demander à ne pas être confronté·e directement à l'auteur
Notes personnelles
_____________________________________________________
_____________________________________________________
_____________________________________________________
Après le dépôt
N° de procès-verbal : _______________________________________
Enquêteur·rice (nom, service, contact) :
_____________________________________________________
Prochaine étape et délai communiqués :
_____________________________________________________
6 Se protéger pour la suite
Quand la première vague sera passée, quelques gestes peuvent réduire le risque que ça se reproduise. À votre rythme, seulement si vous en avez l'énergie.
- Passer les comptes réseaux sociaux en privé (au moins temporairement).
- Créer une alerte Google sur son nom pour être prévenu·e si de nouveaux contenus apparaissent.
- Si vous êtes visé·e par un·e proche ou ex-partenaire, changer les mots de passe et vérifier qui a accès à vos comptes.
- Si les visio d'un·e proche vous demandant de l'argent semblent bizarres, rappelez-le·la directement par téléphone pour vérifier — les deepfakes en visio en temps réel existent maintenant.
☯ Après l'urgence — reconstruction et suivi
Quand l'immédiat s'apaise, quelque chose de plus long commence. Ce n'est pas linéaire — il y a des jours meilleurs, des jours plus durs, des vagues. Voici quelques repères, à prendre à votre rythme, sans obligation.
Suivi psychologique dans la durée
Les 12 séances de « Mon soutien psy » (voir §5) sont un bon point de départ, mais pour un travail plus profond, d'autres approches sont disponibles :
- EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) — méthode reconnue pour les traumatismes, notamment ceux liés aux violences numériques et à l'atteinte à l'image. Annuaire des praticien·nes formé·es : emdr-france.org.
- TCC (Thérapies Comportementales et Cognitives) — utiles pour l'anxiété, les évitements sociaux qui peuvent apparaître après ce type d'événement. Trouvez un·e psychologue : aftcc.org.
- Psychothérapie longue (analytique, humaniste) si vous ressentez le besoin d'un travail au long cours. Prise en charge partielle par certaines mutuelles.
Groupes de parole et associations
Être avec d'autres qui ont vécu la même chose peut casser l'isolement. Rien ne vous oblige à parler — juste écouter est parfois suffisant les premières fois.
- StopFisha (stopfisha.org) organise régulièrement des groupes de parole en ligne et en présentiel.
- France Victimes (116 006) — dispose de 130 antennes locales avec des groupes de parole thématiques.
- #IWasHere / #NousToutes — collectifs de soutien mutuel entre victimes de violences numériques (ressources et communauté sur les réseaux, à consulter en navigation privée si vous partagez votre appareil).
Vigilance en ligne dans la durée
- Maintenir Google Alerts sur votre nom, prénom, pseudos — configuration : google.fr/alerts.
- Nettoyage régulier des vieux comptes RS inutilisés (chaque compte est une porte pour un·e agresseur·euse).
- Vérifier votre e-réputation tous les 3-6 mois via une recherche Google avec image inversée (Lens) sur vos photos les plus visibles.
- Si vous avez été victime une fois, restez inscrit·e à StopNCII (l'empreinte protège aussi les futures diffusions).
Reconstruction sociale et professionnelle
Certaines situations laissent des traces professionnelles (recherche d'emploi, entretiens…). Vous n'êtes pas obligé·e d'en parler.
- Droit à l'oubli auprès de Google — demande formelle pour désindexer certaines pages vous concernant : formulaire Google.
- En cas de discrimination à l'embauche liée à des contenus retrouvés en ligne : Défenseur des droits.
- Si vous étudiez ou travaillez et que votre entourage a vu passer le contenu, France Victimes peut vous aider à préparer une éventuelle discussion avec votre référent·e RH ou pédagogique.
Plus tard — aider d'autres personnes (si vous le souhaitez)
Il n'y a aucune obligation. Mais certaines personnes trouvent du sens plus tard à mettre leur expérience au service d'autres, à leur rythme.
- Bénévolat chez StopFisha, France Victimes, e-Enfance — formations disponibles pour devenir écoutant·e ou pair·e-aidant·e.
- Témoigner auprès de médias ou d'associations — uniquement si vous le voulez et à vos conditions (anonymat, choix de la photo, droit de relecture).
- Prévention en milieu scolaire ou entreprise — certaines associations proposent des interventions par des ancien·nes victimes formé·es.
Il n'y a pas de calendrier pour « aller mieux ». Certaines personnes retrouvent un équilibre en quelques mois, d'autres en quelques années. Les deux sont normaux. Vous avez le droit d'aller à votre rythme.
? Pour aller plus loin — sources officielles
- service-public.fr — informations officielles sur les démarches (plainte, droits des victimes).
- CNIL — droits sur vos données personnelles et votre image.
- Vie-publique.fr — dossiers pédagogiques (chercher « deepfake »).
- Légifrance — textes de loi en vigueur.
- Détecteur deepfake local de ce site — pour documenter techniquement une image ou une vidéo (rapport PDF avec hash cryptographique, utilisable comme pièce technique dans un dossier).
Note importante : je ne suis ni juriste, ni psychologue, ni membre d'une association d'aide aux victimes. Cette page est une orientation vers les bons interlocuteurs ; elle ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le. Pour votre situation spécifique, appelez le 3018, le 116 006, ou consultez un·e avocat·e. Ces personnes sont formées et présentes exactement pour ça.